Samedi le 1er Février 2003

 
 

Le «coaching»
à la rescousse
des cadres

     
       
       
 

Pierre Pelchat

Une nouvelle catégorie de consultants pour les entre-
prises vient de voir le jour au Québec. II s'agit des coachs de gestionnaires et ça n'a rien à voir avec le sport.

     
       
     

Roselyne Giguère, François Delivré et Michèle Morneau veulent améliorer le professionnalisme des cadres. (photo: Raynald Lavoie)

 
       
 

Cette forme d'accompagnement des cadres dans une entreprise ou une organisation s'est developpée, au cours des dernières années, en Europe. Depuis quelques mois, au Québec, un groupe offre aux consultants en management une formation en coaching de cadre.

Cette nouvelle école de coaching est sous la responsabilité de Roselyne Giguère, consultante en management, et de Michèle Morneau, consultante en développement organisationnel Liée
à la firme International Mozaïk de Paris, la section québécoise a déjà un premier contingent de 12 «élèves» qui suivent une formation pour devenir coach depuis le mois d'août dernier.

Au cours des trois derniers jours, ces derniers ont reçu une formation de François Delivré, un consultant français en relations humaines et en organisation specialisé dans le coaching des dirigeants.

ACCOMPAGNEMENT

Mais encore, qu'est-ce que le coaching de gestionnaires?
C'est un accompagnement psychologique personnalisé pour améliorer le professionnalisme d'un cadre. « Par exemple, ce peut être un directeur général d'un établissement de santé qui doit composer avec un regroupement d'établissements, des oppositions, des cultures organisationnelles différentes.
II trouve ça gros. Le coach, peut l'aider », a expliqué Michèle Morneau. Un autre exemple est celui du cadre autoritaire qui est souvent en conflit avec ses employés. « Ce style de gestion l'a peut-être bien servi avant mais ce n'est plus le cas. II faut qu'il change et là, le coach peut être utile pour améliorer ses relations interpersonnelles », a avancé M. Delivré.

RENCONTRES PRIVÉES

Le coach intervient lors de rencontres privées de deux à trois heures avec le cadre concerné, généralement une fois par mois. Il peut y avoir de six à huit rencontres, tout dépendant du mandat et de la motivation réelle du cadre. Le coaching n 'a rien a voir avec le mentorat et ce qu 'on appelle le cadre-coach.

Le coaching est par ailleurs une façon d'éviter d'activer le siège éjectable sur lequel est assis le cadre trop souvent « On a perdu beaucoup de bons gestionnaires en ne donnant pas de coaching. Certains ont été mutés dans un poste qu'ils ne devaient pas occuper D'autres ont été tout simplement blûlés malgré qu' ils avaient des competences », a fait part M. Delivré. À son avis, le coach doit allier connaissances de la psychologie et expérience de la gestion pour bien conseiller ses clients.

RISQUE

Compte tenu qu'il s'agit d'un métier aux contours encore un peu flous, le risque que quelques gourous ou autres opportunistes offrent leurs services est présent. Avant de retenir les services d'un coach, M. Delivré conseille alors aux entreprises de s'informer sur la formation du coach, sa déontologie et d'expliquer un cas vécu de déontologie, si le coach a suivi une thérapie personnelle pour identifier ses « zones d'ombre », s'il a un superviseur et s'il est capable de poser un diagnostic. « Le consultant sait poser un diagnostic. Le coach, de son côte, va faire émerger les solutions du client. Il va prendre en cause la personnalité du gestionnaire. C'est la principale différence avec un consultant. » On peut en savoir plus sur le coaching en consultant les sites Internet de l'lnternational Coach Federation <www.coachfederatlon.org>, de l'lnternational Mozaïk <www.mozaik.fr> de François Delivré <www.coach-scu.com>.